For Tomorrowers ®

Le COVID 19 – les « bons » côtés de la crise

Pascal Paumard – ESC PAU Business School, Pau, France

L’impact de la pandémie du COVID-19 a entrainé la France, l’Europe et plus largement le monde entier dans une crise inédite. Une crise dont il est difficile de mesurer la portée car celle-ci impacte quasiment tous les aspects de la société avec une violence et une intensité que personne n’a anticipé. Les dispositions qui ont été prises, ou pas, par les différents états traduisent bien cette difficulté à contenir une crise, notamment sanitaire, face à un virus traqué partout dans le monde par des scientifiques dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’y a pas de consensus par rapport à sa dangerosité et aux moyens réellement efficaces pour le combattre. Du point de vue économique la crise est également d’une violence inouïe, et les différents gouvernements, face au risque d’un effondrement de leurs économies, ont pris de très nombreuses mesures pour faire en sorte que l’asphyxie provoquée par les mesures de confinement ne soit pas mortelle pour l’activité économique. C’est certainement un des aspects les plus complexes de cette crise, la justesse des décisions et des mesures à prendre au regard d’un équilibre complexe à trouver entre les impératifs économiques d’une part et les légitimes préoccupations sanitaires d’autre part.

Si les personnes âgées constituent la population la plus exposée à ce virus, avec les personnes à risque ayant certaines pathologies particulières (diabète, obésité…), les actifs sont également concernés d’un double point de vue, par le risque que représente le virus lui-même d’un part (même si sa mortalité est bien moindre que dans les population âgée où à risque), mais aussi et surtout par les conséquences du très fort ralentissement économique provoqué par le confinement, certains secteurs payant un très lourd tribut à cette crise : le tourisme, les cafés, les hôtels, les restaurants et le transport aérien notamment. Les plus jeunes sont également directement concernés par cette crise, avec la fermeture des crèches, des écoles, des  collèges, des lycées et des établissements d’enseignement supérieur…et la réouverture des collèges et lycées depuis le 11 Mai est très graduelle et partielle.

On peut donc dire que tout le monde a été, est ou sera concerné à un moment ou un autre par le COVID-19 et ses conséquences…et cela de différentes manières.

Bien entendu les conséquences vont être lourdes d’un point de vue économique, sanitaire, social, sur le plan de l’éducation des jeunes et des étudiants…on prévoit ainsi dans notre pays une chute du PIB de 11 % selon le gouvernement (8,5 % selon la BCE) en 2020 par rapport à 2019, une forte hausse du chômage, la disparition des très nombreuses entreprises provoquée par la détérioration de leur trésorerie résultant de plusieurs semaines d’inactivité malgré les dispositions prises pour alléger les charges (chômage partiel, annulation de certains charges, report d’échéances…). Mais n’y a-t-il que des éléments négatifs à cette crise ? Celle-ci ne provoque-t’elle que des choses définitivement mauvaises ?

On pourrait penser que oui…si on se laisse happer par le pessimisme ambiant (et plus marqué dans notre pays que dans la majorité des pays voisins), le catastrophisme généralisé, la défiance envers ceux qui nous gouverne, savamment entretenu par les médias qui nous abreuvent de mauvaises nouvelles en continu et qui ont, pour la plupart, tendance à voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein.

Pourtant il y a des éléments positifs qui sont nés ou se sont affirmés avec vigueur durant cette période. De nouveaux modes d’organisations du travail se sont généralisés avec le télétravail notamment. Bien entendu celui-ci n’est pas transposable, ou très difficilement à toutes les activités, mais dans une économie de plus en plus organisée autour des services, c’est une tendance qui semble inéluctable. Le télétravail n’a certainement pas que des avantages, mais il a obligé les entreprises, qui pour certaines l’avaient déjà mis en place ou souhaitaient le développer, ou pour d’autres beaucoup plus nombreuses et plutôt frileuses sur cette question, à en faire un mode de fonctionnement « normal » ; gageons qu’après cette crise beaucoup d’entreprises auront fait de ce mode d’organisation du travail leur mode de fonctionnement quotidien.

De la même manière, dans l’enseignement, supérieur en particulier, le travail en distanciel est devenue la norme et on peut, là aussi, imaginer que cette forme d’enseignement constituera et impliquera un mode d’organisation pédagogique qui prévaudra sur l’enseignement plus classique en face à face.

La fameuse révolution digitale qui avait commencé depuis de nombreuses années s’est donc considérablement amplifiée depuis quelques semaines obligeant quasiment toutes les organisations publiques ou privées à imaginer des solutions digitales plus ou moins adaptées et faciles à mettre en œuvre suivant leur type d’activité. Il est évident que les activités de transformation, l’artisanat et plus largement les activités nécessitant un contact ont particulièrement souffert et le déploiement de solutions digitales n’est pas toujours possible, ou a montré ses limites. Pour autant avec la mise en place de protocoles sanitaires adaptés, l’activité n’a jamais cessé dans certains domaines tandis que dans de nombreux autres elle reprend progressivement. Sans le digital le choc aurait été certainement beaucoup plus violent et sans commune mesure avec celui auquel nous faisons face. Parallèlement les mesures d’aides du gouvernement ont également permis à de nombreuses TPE, PME mais également aux plus grosses entreprises de faire le dos rond en attendant la reprise de leur activité.  

Paradoxalement la période de confinement en obligeant les gens à rester chez eux a également démontré les limites du digital, du virtuel, la nécessité d’un contact physique entre les personnes, le besoin de se rencontrer, d’échanger, de passer de bons moments ensemble autour d’un repas, d’un film, d’un spectacle…ces moments qui rendent la vie agréable et qui font de l’homme ce qu’il est et qu’il a toujours été : un être sociable qui se construit dans l’échange et le partage avec autrui. Dans une société technologique comme la nôtre où les réseaux sociaux ont pris une ampleur considérable et dont les nouvelles générations sont particulièrement friandes, cette période où il n’était pas possible de pouvoir rencontrer sa famille, ses proches, ses amis, ses collègues de travail a souligné le caractère irremplaçable du lien physique que la digitalisation, même si elle permet de nombreuses choses, n’occulte pas. Pour les générations les plus anciennes c’est une évidence, elles sont nées à une époque où le digital et les réseaux sociaux n’existaient pas ou n’étaient pas si omniprésent. Leur développement ces dernières années a été parfaitement assimilé par les plus jeunes d’entre nous, dont on pourrait considérer qu’ils sont presque consubstantiels à eux, les plus anciens s’emparant également, avec plus ou moins d’habileté, de ces nouveaux outils spontanément ou contraints par les circonstances personnelles ou professionnelles…comme la crise actuelle l’a prouvé.

Cette période, dont ne sommes pas sortie, n’a pas provoqué la catastrophe sanitaire que certains avaient prédit, car des mesures de protection, plus ou moins habiles ou judicieuses ont été mises en place, mais également car les populations, dans leur ensemble ont été plutôt respectueuses des directives données par leur gouvernement, même dans notre pays toujours caricaturé comme un pays de gaulois râleurs et individualistes. Nous avons plongé dans l’inconnu il y a quelques semaines, mais nous avons su réagir promptement et nous adapter. Tout n’est pas régler et nous sommes loin d’être sorti d’affaires, pour autant de nombreuses choses positives sont à retirer de ces semaines éprouvantes pour tout le monde. Pour ma part j’en retiendrai 2 :

-le digital et les réseaux sont de formidables outils de contact et de travail…mais c’est un leurre de croire qu’ils sont LA solution, la proximité physique avec ses proches, ses amis, ses collègues, ses étudiants est quelque chose d’utile et nécessaire qui a toute sa place dans notre vie au quotidien. Pour les plus jeunes générations, dont on connait la dépendance aux réseaux sociaux, cette absence de contact physique entre eux leur montre qu’un dialogue via une messagerie, une vidéo ne remplace pas la chaleur et l’émotion d’un vrai contact.

-notre capacité d’adaptation est de réaction est probablement bien plus grande que ce que nous pouvions imaginer. Face à cette crise, en quelques semaines, de nombreuses solutions ont été trouvé face à des situations inédites. Bien sûr nous allons payer un lourd tribut à cette crise, mais celle-ci nous servi de révélateur et d’accélérateur dans notre mode de vie et notre mode de travail.

Ajoutez un commentaire

Laisser un commentaire

Suivez-nous

Ne soyez pas timide, contactez-nous. Nous aimons rencontrer des gens intéressants et nous faire de nouveaux amis.

%d blogueurs aiment cette page :